l’INCONVÉNIENT nouveau

Chers lecteurs, abonnés et amis,

Comme vous avez pu le constater, l’Inconvénient fait peau neuve ce printemps ! La revue aborde sa quinzième année d’existence en adoptant le format magazine, avec couleurs et photos, et en augmentant le nombre de ses collaborateurs afin de vous offrir un menu plus copieux et varié.

Cet ambitieux projet de refonte était dans nos cartons depuis quelques temps déjà, depuis la fin de 2011 pour être exact, année de notre sélection comme finaliste au Grand Prix du Conseil des arts de Montréal. L’arrivée du numéro 50 pointait à l’horizon et le moment était propice pour amorcer une seconde phase dans la vie de la revue : quoique toujours à recommencer, la mission de débusquer toutes les facettes de la bien-pensance contemporaine serait accomplie cinquante fois plutôt qu’une. Un autre projet stimulant s’est alors interposé, celui de souligner le cap du cinquantenaire en créant un livre de poche rassemblant les 50 meilleurs « bogues » publiés dans nos pages depuis les tout débuts de la revue. Pour les lecteurs qui découvrent l’Inconvénient avec le présent numéro, la lecture de ce recueil de vignettes satiriques sur les travers de notre temps constitue assurément le meilleur moyen d’entrer dans les riches annales de la revue et de savourer la substantifique moelle de l’esprit inconvénientesque.

La conviction que le milieu littéraire et culturel québécois avait besoin d’une revue comme celle que nous présentons aujourd’hui ne nous avait pas quittés. Et c’est ainsi que tout au long de la dernière année, les membres du comité ont déployé de nombreux efforts (qu’ils soient tous ici très chaleureusement remerciés !) pour créer une revue capable de réunir tout à la fois les amateurs d’art, de cinéma, d’essais et de littérature ; une revue pouvant compter sur les meilleures plumes d’ici et d’ailleurs et sur une équipe de critiques fiables et réputés, à qui nous avons confié le double mandat de repérer les œuvres qui valent le détour et, lorsque nécessaire, de déboulonner les fausses gloires de l’industrie du divertissement ; une revue qui poursuivrait aussi sa tâche de proposer des sujets de réflexion originaux et avant-gardistes au sens positif de ce terme, c’est-à-dire en prise sur les enjeux de notre temps mais sans sacrifier aux facilités de l’idéologie, du cliché, des pensées convenues.

L’adoption du format magazine, qui permet une hausse substantielle de nos tirages, s’accorde pour nous avec cette mission, en ce qu’elle vise à redonner toute la visibilité qu’ils méritent aux écrivains, artistes et cinéastes de talent trop souvent relégués dans l’ombre par la société du spectacle. C’est dans cet esprit que nous présenterons dans chaque numéro des fictions inédites, des traductions, des visites d’atelier et un cahier critique fourni. Le nouveau format vise également à faire mieux connaître nos intellectuels et penseurs, que ce soit par la publication d’essais, d’entrevues de fond ou de reportages littéraires, genre peu pratiqué au Québec mais riche de possibilités comme en témoignent les textes du présent dossier sur l’avenir de la littérature québécoise.

Que vous soyez l’un de nos abonnés de la première heure ou l’un de nos nouveaux lecteurs, nous espérons sincèrement que le « nouvel Inconvénient » comblera vos attentes les plus grandes. Si vous l’aimez et croyez en sa mission, n’hésitez pas à propager le mot, car nous avons besoin de votre appui pour poursuivre notre rôle d’animation intellectuelle et de diffusion des arts et de la littérature.

Alain Roy