Numéros à venir

LE SENS OUBLIÉ DE L’AUTODÉRISION No 78, automne 2019

Que ce soit en raison des politiques d’empowerment, des militantismes identitaires, du « devenir soi-même » que serinent ad nauseam les manuels de psycho-pop, l’humanité contemporaine semble tenir pour acquis que chacun devrait consacrer une bonne partie de sa vie, voire sa vie même, à s’« affirmer ». C’est ainsi que cette forme ancienne d’humour qu’on appelait l’autodérision a pratiquement disparu des rapports sociaux, qui deviennent chaque jour de plus en plus polarisés, fébriles et chicaniers. Se pourrait-il que la disparition du sens de l’autodérision – le fait de ne pas se prendre trop au sérieux – y soit pour quelque chose ? Se pourrait-il que l’autodérision soit un ingrédient essentiel de la civilité ? Date de tombée : 10 juillet 2019

PIERRE VADEBONCOEUR No 79, hiver 2019-2020

Il y aura bientôt dix ans, Pierre Vadeboncoeur nous quittait. Aujourd’hui, il s’agit moins d’apprécier l’ampleur de l’héritage que cet essayiste d’exception nous laisse que de déterminer ce qui, de lui et de son oeuvre, nous manque le plus. Est-ce son extraordinaire capacité à comprendre son époque, à la rendre intelligible pour ses contemporains ? Est-ce la hauteur de son exigence, celle-là même qui déclenchait ses colères et nourrissait ses admirations ? Est-ce la fidélité à une vérité transcendante, à une idée de la beauté résolument étrangères à l’air du temps ? Est-ce son attachement indéfectible à la liberté de la pensée, à la vie de l’esprit ? Ou alors son expérience si singulière de l’aventure, faite de croyance et d’incroyance, d’engagement et de réserve, d’espoir et de désillusion ?

Date de tombée : 10 octobre 2019

QUI A PEUR DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES ? No 80, printemps 2020

Dans son maître-ouvrage Le principe responsabilité, Hans Jonas voyait dans la crainte de la disparition de l’espèce humaine une vertu propre à susciter l’action. D’autres après lui ont parlé de la « pédagogie des catastrophes ». Pourtant, on constate que l’humanité demeure très stoïque face aux promesses de désastres qui se multiplient depuis quelque temps. Serait-ce que nous n’arrivons pas à croire ce que nous savons, sauf de manière ponctuelle et fugace ? Serait-ce que l’épouvantail du pire favorise le déni ? Ou peut-être préférons-nous savourer, à la façon d’un péché mignon, les derniers temps calmes avant l’apocalypse ?

Date de tombée : 10 janvier 2020