La fille, la mère et la ville : une chronique de Geneviève Letarte, no 75

«…La relation mère-fille décrite dans Attachement féroce se présente de manière crue, parfois violente, et souvent drôle, l’auteure décrivant par des observations acérées les moments passés avec sa mère, leur caractère à toutes deux, leurs allégeances, leurs points communs et leurs différences, mais aussi leur rapport à la ville où se sont déroulées leurs histoires respectives et dans le tissu tentaculaire de laquelle s’ancre leur relation. Déambulant dans Manhattan, le long de rues et d’avenues dont elles connaissent par coeur les coffee shops, les diners, les cinémas et les synagogues, l’écrivaine d’âge mûr et sa vieille maman commentent la ville tout en commentant leur propre vie, les gens qu’elles connaissent ou ont connus, comme si elles étaient toutes deux les uniques survivantes d’un monde disparu. Ni l’une ni l’autre ne manque d’énergie quand vient le temps de donner la réplique, la mère recourant parfois au yiddish, « la langue de l’ironie et du défi », pour provoquer sa fille, qui ne lui fait pas de cadeau non plus : « Tout ce que j’ai traversé, soupire ma mère. – Tu n’as rien traversé du tout, je rétorque. – Tu es vraiment culottée de me dire ça ! Silence. Colère. Isolement. Mais tout à coup son visage s’éclaire, et elle dit : Tu sais combien coûte la faisselle maintenant ? Tu ne vas pas me croire. Deux dollars cinquante-huit la livre.[…] »

Extrait d’une chronique de Geneviève Letarte, L’Inconvénient no 75, hiver 2018-2019

 

 

 

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